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24.02.17

Dany83 a commenté la discussion

"Bêtisier."

Marie Crédoz | Rose Magazine

Marie Crédoz

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A 40 ans, Marie, gynéco, se découvre un cancer. Sa résilience ? « Espoir et victoire. Le comble pour un gynécologue ». Le magnifique récit d’une soignante-soignée qui inspire même les étudiants en médecine.

 Il y a cinq ans, en se palpant machinalement, Marie, 40 ans, sent comme un petit grain de riz sous ses doigts. Comme une femme sur huit. Sauf que pour elle, palper les seins, c’est son métier. Elle est gynécologue-obstétricienne dans un hôpital. Autant dire qu’elle connaît la musique. Un kyste ? Certainement. Mais par acquit de conscience, elle passe une échographie. Puis une biopsie, le 11 septembre.

Le verdict tombe aussitôt, c’est un cancer ! Un cancer infiltrant. Alors, tout s’enchaîne : examens complémentaires, qui mettent au jour un deuxième foyer cancéreux de 18 mm ; exérèse des tumeurs et des ganglions ; ablation du sein ; chimiothérapie ; radiothérapie ; hormonothérapie ; reconstruction mammaire. Le parcours des femmes touchées par un cancer. Sauf que Marie est médecin. Pourtant, très vite, la jeune femme retire sa blouse blanche.

Comme tout le monde, « il m’a fallu  supporter la lourdeur des traitements », raconte-t-elle. Courageusement ? « Non, je suis descendue au fond du puits. Le pire étant l’alopécie. Même si j’ai porté une super belle perruque et que certains pensaient que j’avais changé de coupe, celle que je voyais dans le miroir était quelqu’un d’autre. Je fus « cette morte qui marche encore », comme l’écrit le Pr Khayat. Je regardais les autres vivre. Le cancer relève de la bombe atomique. Quiconque ne l’a pas vécu dans sa chair ne peut jauger la violence de la déflagration qui se produit chez le sujet malade ».

Douleur, pertes de mémoire, nausées puissance 10, pour traverser l’épreuve, Marie va  « tout essayer : l’auriculothérapie, la micronutrition, l’acupuncture…  Cela m’a permis de survivre. J’étais loin de ce que j’avais appris pendant mes études, la médecine « traditionnelle ». Là, je touchais les médecines dites convergentes. Ce qui m’a aidée aussi ? Rose Magazine ! Un soutien inestimable dans des moments terribles. J'y ai trouvé des astuces, des vérités, de la clairvoyance et tout médecin-sachant que j’étais, j’en avais vraiment besoin ».

Puis, ptit à petit, la vie reprend... Marie recommence d’abord son travail à mi-temps thérapeutique. Malgré la fatigue. Et ses deux enfants en bas âge. Elle apprend à dire non. Pour préserver l’essentiel. Sa vie de famille. « Ce cancer a changé ma vie », avoue-t-elle, il a fait office de feu rouge. Il fallait absolument que j’en fasse quelque chose de positif ».

Ce sera un livre. Ayant découvert l’envers du décor, Marie pose un regard de soignée sur le monde soignant qu’elle croyait connaître.
« J'ai essayé d'aborder tous les sujets, même les plus tabous, comme la libido, ou la fatigue, que les autres ne voient pas, mais qui perdure bien après la fin des traitements. De donner des conseils aux patientes pour leur faciliter le difficile suivi des traitements et la compréhension d'un monde médical obscur. Partager des tuyaux pour limiter les difficultés que l’on peut rencontrer sur les plans professionnel et administratif, notamment pour s’assurer, contracter un prêt».

« Ecrire m’a permis de fermer cette parenthèse désenchantée de ma vie. En douceur ».

Un livre aussi essentiel pour les patientes que pour les soignants

«Mon livre a été retenu comme lecture obligatoire aux étudiants de 1ère année de médecine de la fac de Lyon », poursuit Marie. Lors d’une conférence devant 1200 étudiants, la soignante, ex-patiente,  a été accueillie par une ovation. « J'espère leur avoir fait passer plusieurs messages utiles*pour leur vie de futurs soignants », ajoute-t-elle celle qui a passé un cap. « Après 20 ans passés en CHU, je m'oriente aujourd’hui vers une pratique  gynéco-obstétricale libérale avec accompagnement en hypnose pour l'obstétrique comme pour la gynéco-cancéro, dans le Limousin ». Pour rendre ce qu’elle a reçu, et surtout, parce que Marie a trouvé sa voie. Et que le voyage continue.

« Espoir et Victoire ». Ce sont les mots de soutien adressés par son premier chef de service lorsqu’il a appris que son ancienne élève avait un cancer. C’est aussi le titre d’un livre à partager sans modération.

Céline Dufranc

Livre Espoir et victoire

*Soignant, entends bien cet enseignement (rédigé à la manière de maître Yoda)

1 - En blouse blanche, te présenter tu n’oublieras pas.
2 - Bienveillant tu seras.
3 - Dans tout protocole, chaque patient est unique tu penseras.
4 - Pas seulement à coup de traitements, mais par la présence tu soigneras.
5 - Dans la prise en charge de chaque malade, l’être humain tu regarderas.
6 - La douleur du patient tu calmeras.
7 - L’angoisse tu combattras.
8 - Les corticoïdes tu ajusteras.
9 - Le vécu du patient tu écouteras.
10 - A réduire l’attente du sujet tu t'appliqueras.
11 - La fatigue du malade tu ne démentiras pas.
12 -  La souffrance morale tu entendras.
13 - La médecine non conventionnelle tu accepteras.
14 - La reprise du travail tu encourageras.
15 - Les statistiques tu oublieras.

ET « QUE LA FORCE SOIT AVEC TOI ! »

 

Mis à jour le 10 juil. 2017

3 commentaires
  •  

    Edel8

    08.07.17 à 16h12.

    Bonjour Marie, j'aurais une question à vous poser si vous lisez les commentaires : qu'est-ce qui a hélas motivé l'ablation ? A 49 ans, j'ai exactement le même diagnostic : trop de calcifications à la mammo de contrôle pour antécédents, donc biopsie : deux zones infiltrantes proches de 8 et 18 mm avec CCIS en périphérie, donc tumorectomie et ganglions sentinelles (avec 1 métastase décelée à l'analyse en labo après chirurgie), puis chimio et radiothérapie en cours. Et j'oubliais : HER2 +++ L'ablation était-elle pour vous une sécurité supplémentaire ? Chez moi la chirurgienne l'a évoquée, mais l'Oncologue ne l'a pas jugée utile. Je vous remercie si vous avez le temps de m'aiguille... C'est une belle idée votre livre et je vais me le procurer, votre regard de soignante-soignée semble très intéressant. Je vous souhaite une longue et belle vie !

    •  

      mariecrédoz

      09.07.17 à 7h50.

      Bonjour Edel, merci pour votre commentaire. Vous découvrirez en lisant mon écrit que c'est moi qui l'ai demandée. J'avais besoin d'une reprise chirurgicale car les limites d’exérèse n'étaient pas suffisantes et que je voulais vivre - sans la peur d'une récidive... Les examens (mammo, IRM) n'ont pu détecter le 2ème foyer de 18 mm ! En tant que gynéco je connaissais bien les techniques de reconstruction mammaire et surtout savais vers qui me tourner comme chirurgien plasticien. Mon chef de service s'était opposé à la mastectomie. Je ne regrette rien. Je n'ai désormais que le sein droit à surveiller. Dans votre cas la mastectomie ne semble pas indiquée et comme vous êtes Her2+ vous aurez de l'Herceptine. Ce qui n'était pas mon cas. Je ne sais pas où vous en êtes dans les soins mais courage, la route est sinueuse mais vaut le coup !

    •  

      Edel8

      09.07.17 à 18h21.

      Bonjour et merci Marie d'avoir pris le temps de me répondre et d'avoir expliqué comment vous avez pris cette lourde décision ! J'en suis à la moitié des séances de radiothérapie et j'ai effectivement de l'Herceptine jusqu'en février 2018. Merci de vos encouragements également, je vous ferai signe lorsque j'aurai lu votre ouvrage... Bien à vous, et bien sincèrement.

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