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Générique Economie | Rose Magazine

illustration ©Séverin Millet

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Pour ne pas contredire la doctrine du générique, aucune agence de santé publique n’a voulu voir les études internationales et françaises alarmant sur la dangerosité du docétaxel générique. Quand l’aveuglement dogmatique s’affranchit des règles élémentaire

Faire et faire faire des économies au système de santé, c’est, en soi, parfaitement louable. C’est pour cela que les hôpitaux et les médecins, et même les citoyens, sont incités à préférer les génériques au médicaments d’origine. Quelle que soit la pathologie.

D’ailleurs, les génériques, c’est moins cher et c’est exactement pareil nous serine-t-on, à longueur de campagnes, comme un mantra. Ou un dogme inaltérable. Le problème, c’est que ce n’est pas forcément vrai.

La preuve : s’agissant du docétaxel, les oncologues qui le constataient ne se sont pas contentés de s’interroger chacun dans son coin depuis des années. Des études, qui ont ouvertement posé la question devant les effets secondaires toxiques accrus d’anticancéreux génériques, dont le docétaxel, provenant pour une partie croissante d’Inde, il n’y en pas eu qu’une, mais plusieurs, la dernière en date, parue dans The Lancet Oncology en novembre dernier (1). Plus de réactions cutanées (2), plus de neutropénies de grade IV, de décès toxiques sans doute sous-évalués et sous-déclarés : malgré ces constats, rien n’a suffi à titiller les autorités sanitaires, avant la multiplication des décès cet été ? Rien qui justifie qu’on se pose au moins la question de parfois pouvoir renoncer au dogme du générique pour se retourner vers le princeps, dont le prix unitaire, une fois le brevet tombé, dégringole, lui aussi, au même tarif qu’un générique ?

La souffrance des malades : variable d’ajustement des politiques de santé

Individuellement, les oncologues, eux, n’ont pas d’autre choix que de prescrire ce que les pharmacies de leurs hôpitaux commandent mais, au-dessus, qui tient compte des coûts réels, en traitements supplémentaires et en souffrance pour les malades, que cela engendre ?

Des études qui ont aussi clairement établi depuis des années que les effets indésirables graves peuvent être diminués par la prise préalable de facteurs de croissance dès la première cure, il y en a aussi. La recommandation ne figure pourtant pas dans les référentiels de prise en charge du cancer du sein. On y a recours seulement si des effets indésirables se déclarent. Est-ce aussi par souci d’économie ?

« On marche sur la tête » juge un oncologue qui calcule rapidement : « Par précaution, face à la crise, en février on nous a recommandé de revenir au paclitaxel. Fort bien. Cela implique une cure par semaine au lieu d'une cure toutes les trois semaines, donc cela coute trois fois plus en hôpital de jour - à 1000-1500€ la cure ! N’aurait-il pas été plus sage -de faire comme dans tous les autres pays, prescrire systématiquement dans tous les référentiels des facteurs de croissance pour prévenir les neutropénies ?  Donc pour ne pas dépenser les 1000 euros que représenteraient l’ajout de facteurs de croissance, on préfère en dépenser 4000 in fine ? » Dans ces économies de bouts de chandelles, la souffrance des malades, semble, elle, tristement reléguée au rang de variable d’ajustement.

Claudine Proust

(1) Generic oncology drugs: are they all safe? Y Tony Yang, Sumimasa Nagai, Brian K Chen*, Zaina P Qureshi, Akida A Lebby, Samuel Kessler, Peter Georgantopoulos, Dennis W Raisch, Oliver Sartor, Terhi Hermanson, Robert C Kane, William J Hrushesky, Joshua J Riente, LeAnn B Norris, Laura R Bobolts, James O Armitage, Charles L Bennett.

(2)35  Garrido-Siles M, Arenas-Villafranca JJ, Pérez-Ruiz E, et al.
New cutaneous toxicities with generic docetaxel: are the excipients guilty? Support Care Cancer 2015; 23: 1917–23.

Mis à jour le 29 mars 2017

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