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08.05.17

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"Brûlures d estomac"

Chemofog : chimiothérapie et troubles de la mémoire | Rose Magazine

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Vous cherchez sans cesse vos clés, vos mots ou votre place de parking ? Comme 70 % des patients traités pour un cancer, vous souffrez peut-être du chemofog. Rose Magazine fait le point sur ces troubles de la mémoire.

Le chemofog, c’est quoi ?

"C’est une sorte d’état de brouillard (fog) cognitif, qui peut faire penser à la maladie d’Alzheimer, explique le Dr Mario di Palma, chef du département ambulatoire à Gustave-Roussy, à Villejuif. Encore appelé "chemobrain" (pour cerveau), ce trouble touche la mémoire, l’attention ou la concentration."  Longtemps sous-estimée et sous-traitée, cette affection a fait l’objet d’un premier symposium l’année dernière à Lille.

L’origine du chemofog serait multifactorielle. Elle tiendrait au cancer lui-même, à l’impact de l’annonce de la maladie, à l’anxiété et à la fatigue, mais aussi à l’action neurotoxique de la chimiothérapie (qui détruit aussi les cellules saines), au stress oxydatif (qui agresse les cellules) et à des troubles hormonaux ou de l’immunité. À l’imagerie, en effet, on note une diminution de certaines régions du cerveau, comme l’hypothalamus ou le cortex frontal, qui affectent la mémoire immédiate, la concentration et la capacité de faire plusieurs tâches en même temps. Des expériences sur les souris ont montré qu’elles perdaient 20 % de neurones sous chimio.

À partir de quand doit-on s’inquiéter de ces troubles de la mémoire ?

"Si les troubles persistent un an après le traitement, parlez-en à votre oncologue ou à votre médecin traitant qui vous orientera vers une consultation mémoire, s’il en existe dans l’établissement, ou vers une consultation mémoire spécialisée en neurologie , conseille le Pr Florence Joly-Lobbedez, oncologue et chef de service de l’unité de recherche clinique du centre François-Baclesse, à Caen. En revanche, les ateliers mémoire proposés aux patients atteints d’une maladie d’Alzheimer ne sont pas adaptés car les exercices ne correspondent pas toujours aux problèmes rencontrés par les malades de cancer." Dans la plupart des cas, les patients repartent rassurés, car il ne s’agit pas d’une maladie dégénérative du cerveau.

Comment établit-on le diagnostic de chemobrain ?

Grâce à certains tests neuropsychologiques, qui permettent d’explorer plusieurs domaines de la mémoire (mémoire de travail, mémoire visuelle et verbale, attention soutenue et sélective, fonctions exécutives de la vitesse de traitement). En fonction des résultats, différentes prises en charge seront proposées : orientation vers un neurologue ou un service de gériatrie (pour les patients âgés) en cas de tests cognitifs pathologiques, proposition d’un soutien psychologique ou psychiatrique en cas de troubles émotionnels. Dans tous les cas, les patients sont encouragés à faire travailler leur mémoire par des exercices cognitifs.

Les troubles cognitifs sont-ils proportionnels à la dose de chimio ?

L’effet dose, dans les cas de hautes doses de chimiothérapie, est bien réel. "Mais on remarque également une forte corrélation entre l’intensité de la plainte cognitive et l’intensité de la détresse psychologique des patients, le tout affectant leur qualité de vie", remarque Isabelle Léger, neuropsychologue à Gustave-Roussy.

Le chemofog est-il réversible ?

"Le plus souvent, ces troubles sont transitoires, mais chez certains patients, ils peuvent persister jusqu’à dix ans après le traitement", reconnaît le Pr Joly-Lobbedez. Quant à savoir si le développement des neurones est seulement stoppé par la chimio ou s’ils sont détruits, rien n’est établi pour l’instant. Seule certitude, les patients âgés seraient plus touchés.

Que faire pour limiter les troubles de la mémoire ?

Jouer, cogiter, lire, apprendre ! Mots fléchés, Sudoku, jeu des 7 erreurs… Tout ce qui contribue à exercer la mémoire est bénéfique, à condition d’avoir aussi une bonne hygiène de vie et une activité physique régulière. Méditer, se relaxer sont aussi fortement conseillés. De leur côté, les chercheurs travaillent à l’élaboration de nouvelles molécules qui pourraient diminuer la neurotoxicité de la chimiothérapie.

Il existe encore très peu de consultations pour la mémoire. On en compte quatre: la pionnière, créée en 2009 par la neuropsychologue Isabelle Léger à Gustave-Roussy, et celles des centres de Caen, Rouen et Strasbourg. L’objectif de ces consultations  : faire un bilan de la nature neurologique ou non des troubles, et aider les patients à les analyser et à les surmonter, grâce à des exercices et à des astuces.

Par exemple :

1 – Évitez d’effectuer trop de tâches en même temps, terminez ce que vous êtes en train de faire.

2 – Créez des habitudes. Par exemple, associez la prise de médicaments à une activité que vous faites tous les jours, à la même heure (se laver les dents, prendre son petit déjeuner…).

3 – Prenez le temps pour retenir une information : quand vous laissez votre voiture dans un parking, prenez dix secondes pour trouver un point de repère qui vous aidera à la retrouver.

4 – Organisez l’information à retenir pour augmenter vos chances de la retrouver : pour retenir votre liste de courses, regroupez les articles selon les catégories (fruits, laitages, produits d’entretien…).

5 – Multipliez les aide-mémoire: agenda de taille moyenne, consulté matin et soir, rangé toujours au même endroit  ; ardoise placée dans un endroit stratégique  ; téléphone : rappels enregistrés dans votre smartphone, agenda, tablette et ordinateur.

Attention aux ennemis de la mémoire

Certains facteurs peuvent aggraver les troubles de la mémoire. Mieux vaut en tenir compte pour ne pas accentuer les effets du chemofog. Ces facteurs sont :

- le tabac et l’alcool ;
- le stress ;
- le manque de sommeil ;
- une activité physique insuffisante ;
- certains traitements psychotropes.

Céline Dufranc

Mis à jour le 10 sept. 2018

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    MMarion

    10.09.18 à 17h05.

    Je suis neuropsychologue et j'ai été touchée par un cancer en 2016. J'ai pu rapidement me rendre compte de mes difficultés cognitives... Cette thématique est très peu abordée et beaucoup de personnes rencontrées dans mon parcours médical s'en plaignaient. Dans les semaines à venir je vais proposer des ateliers sur Lyon. N'hésitez pas à aller voir la page Facebook de Coridys Rhône ! https://www.facebook.com/coridys.rhone

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    Silou

    15.10.16 à 15h31.

    Ah bon c'est bon je ne suis pas la seule a avoir une mémoire de poisson rouge sous chimio....

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    maujo 5991

    23.04.16 à 20h42.

    Je me renseigne pour mon frérot... , lui l'intello de la famille si ralenti , si embrumé... Il ne se reconnait pas ! moi non plus ! Vos recherches , vos écrits sont si rassurants... Merci beaucoup , je vais pouvoir lui dire que les solutions existent et qu'il en verra le bout , c'est sûr !

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    Venezia

    20.04.16 à 5h55.

    Je vais pouvoir faire lire l'article à mon médecin qui me disait qu'après 40 ans c'est l'âge....

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    choupi66

    03.03.16 à 12h37.

    sa fait du bien de voir qu on est pas seul a perdre la boulle je croyais devenir folle

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