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08.05.17

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"Brûlures d estomac"

Cannabis thérapeutique | Rose Magazine

©Istock

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Alors que plusieurs pays utilisent des médicaments à base de cannabis pour soulager des malades du cancer, la France n’ouvre toujours pas la porte.

C’est une jeune femme atteinte d’un cancer du poumon, qui prend régulièrement de l’huile de cannabis par voie sublinguale pour, dit-elle, soulager ses douleurs et mieux supporter certains effets secondaires des traitements, comme les nausées et les vomissements. Tout en demandant à rester anonyme, elle a envoyé un petit mot à Rose pour qu’on parle un peu plus du cannabis thérapeutique en France : « C’est légal aux États-Unis si on a une prescription*. Les médecins en donnent. Beaucoup d’États ont même des boutiques. »

Dans le domaine du cancer, aujourd’hui, le cannabis thérapeutique est effectivement autorisé dans plusieurs pays, en particulier aux Pays-Bas, en Allemagne, en République tchèque, en Italie, en Espagne ou au Canada. « Il est utilisé pour ses propriétés antiémétiques (contre nausées et vomissements) ou pour soulager certaines douleurs rebelles, indique le Pr Ivan Krakowski, oncologue médical à l’institut Bergonié, à Bordeaux. Et, dans ces indications, cela semble présenter un intérêt réel. Par ailleurs, le cannabis a aussi démontré une certaine efficacité pour stimuler l’appétit, en particulier chez les malades du sida. » Les spécialistes n’ont pas encore élucidé toutes les raisons pour lesquelles le cannabis, au-delà de son effet « planant », présentait des vertus médicales. « Mais on sait quand même que c’est la même substance psychoactive, le THC, qui est également à l’origine de ses effets thérapeutiques, précise le Dr Bertrand Lebeau, addictologue à l’hôpital Saint-Antoine (Paris) et à l’hôpital de Montfermeil (Seine-Saint-Denis). On trouve d’ailleurs du THC dans les différents médicaments dérivés du cannabis. »

Autorisation spéciale en France

En France, pour cette raison, le cannabis thérapeutique suscite encore de nombreuses résistances au sein du corps médical. « L’autoriser constituera un premier pas vers la dépénalisation », assurent ainsi certains praticiens. Au début des années 2000, pourtant, une petite porte avait commencé à s’ouvrir avec un plan antidouleur présenté par Bernard Kouchner, alors ministre délégué à la Santé. « Il avait donné son feu vert pour que des médecins puissent prescrire des dérivés du cannabis, mais de manière très encadrée, sous la forme d’une procédure bien particulière : l’autorisation temporaire d’utilisation (ATU) nominative », explique le Dr Lebeau.

Cette procédure prévoit que le médecin demande une autorisation spéciale à l’Agence nationale des produits de santé (ANSM) pour chacun de ces patients. Et elle ne concerne qu’un seul produit, le Marinol, indiqué pour le traitement des douleurs neuropathiques centrales. Mais, depuis 2005, seuls 350 patients en ont bénéficié, dont « 119 l’an passé », précise l’ANSM. « Le problème est que cette procédure est tellement compliquée et chronophage que les demandes restent très limitées », déplore le Dr Lebeau.

Service médical rendu « faible »

En janvier 2014, un nouveau pas a été franchi quand l’ANSM a délivré une Autorisation de mise sur le marché (AMM) à un autre médicament à base de cannabis, le Sativex. Pour une indication précise : le traitement de certaines contractures invalidantes chez des patients atteints de sclérose en plaque. Ce médicament contient deux cannabinoïdes : le THC et le cannabidiol (CBD). Mais, deux ans et demi après, le Sativex, qui se présente sous la forme d’un spray buccal, n’est toujours pas disponible dans les pharmacies. Motif : la Haute Autorité de santé (HAS) a jugé le service médical rendu du produit trop « faible ». Ce qui a conduit les pouvoirs publics à refuser le prix proposé par le laboratoire (Almirall), le jugeant trop élevé. Actuellement, les négociations se poursuivent entre les deux parties. Mais pour le Dr Lebeau, il faudrait surtout que le Sativex puisse être un jour prescrit aux malades du cancer, comme au Canada, où le médicament peut être administré aux patients adultes « atteints d’un cancer avancé qui présentent une douleur modérée ou grave ».

Reste enfin un autre sujet très sensible : sur la foi de certaines études menées chez l’animal, les défenseurs du cannabis thérapeutique affirment que celui-ci pourrait aider à soigner les cancers… « Mais il faut vraiment que les patients fassent attention à certains discours, avertit le Pr Krakowski. Aujourd’hui, il n’existe aucune piste solide permettant de dire que le cannabis peut être un traitement du cancer. »

* Le cannabis thérapeutique est autorisé dans un peu plus d’une vingtaine d’États américains.

Pierre Bienvault

Mis à jour le 3 févr. 2017

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