Rose a besoin de vous !

Rose Magazine est un magazine associatif indépendant. Il ne reçoit pas de subventions. Notre liberté éditoriale est donc totale. Ce sont vos dons, soutiens, legs qui nous permettent de vous garantir une information de qualité et gratuite.

Rose est une association d’intérêt général. Votre don est déductible des impôts. Rose vous propose de donner aujourd'hui et simuler votre déduction fiscale de demain.

Pourquoi donner à Rose Magazine?

En donnant à Rose, vous contribuez à :

  • Editer 200.000 exemplaires du magazine, deux fois par an. Rose Magazine
  • Distribuer gratuitement ce magazine indépendant* à grande échelle, dans les centres de lutte contre le cancer et les hôpitaux publics.
  • Nous aider dans notre projet de développement : créer un site internet où les malades et les aidants pourront échanger, chercher une information fiable et obtenir un soutien personnalisé.

* Nous n'appartenons à aucun groupe de presse

Rose logo

Bienvenue sur Rose, le magazine du cancer au féminin

Je n'ai pas de compte, je m'inscris

Forum
 
08.05.17

Dany83 a crée la discussion

"Brûlures d estomac"

Fiche
 

Info Cancer

Cancer de l'ovaire

Le cancer de l’ovaire est le 8...

Cancer des Ovaires

Cancer des Ovaires

  • 0
  • 0
Même si la recherche avance à grands pas, 75 % de ces cancers sont diagnostiqués trop tardivement, et la prise en charge chirurgicale, pas toujours optimale.

 « Le Cancer de l'ovaire ça existe  » ! Voici le cri de ralliement du groupe de patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire battant le pavé à Bordeaux, le 8 mai dernier, pour donner un coup de projecteur à la maladie. Une marche de plus ? « Non, répond Brigitte Massicault, présidente de l'association Imagyn (Initiative des malades atteintes de cancers gynécologiques) pour la région de Bordeaux, en récidive d’un cancer de l’ovaire de haut grade. Nous sommes complètement noyées dans la masse des cancers du sein, surtout pendant Octobre rose. On ne nous écoute pas, alors que connaître l’existence de ce cancer permettrait à de nombreuses femmes d’être alertées plus tôt. Tout le monde pense que les ovaires, ça donne la vie, mais ça donne aussi la mort. Le problème, c’est que les symptômes sont variés et peuvent passer inaperçus. Il faut absolument faire mieux connaître ce cancer destructeur. »  

Rare comparé aux 54000 nouveaux cas de cancer du sein, le cancer de l’ovaire a touché plus de 4 000 femmes en 2015. Mais il est la première cause de décès par cancer gynécologique – 3 000 par an – car il est souvent diagnostiqué trop tardivement. Seulement 45 % des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire sont susceptibles de survivre au-delà de cinq ans quand le taux, pour les femmes atteintes d’un can- cer du sein, avoisine les 90 %... Un diagnostic plus précoce permettrait donc d’améliorer nettement le pronostic des patientes. Mais, à l’heure actuelle, « il n’existe aucun test de dépistage précis et fiable du cancer de l’ovaire disponible pour l’ensemble de la population féminine », précise le Dr Anne Floquet, oncologue à l’Institut Bergonié, à Bordeaux.

L’histoire familiale (antécédent de cancer du sein, des ovaires, ou du côlon) et/ou la présence d’une prédisposition génétique (mutation des gènes BRCA) exposent certaines femmes à un risque élevé de cancer de l’ovaire. « Pour ces femmes, une surveillance adéquate va pouvoir être proposée, explique le Pr Roman Rouzier, directeur médical Sénologie et Gynécologie à l’Institut Curie. Elle repose sur une échographie pelvienne annuelle. À partir de 35 ans, et si le projet parental est accompli, on peut proposer une annexectomie préventive, c’est-à-dire une ablation des ovaires et des trompes. » 

C’est peut-être ce que décideront un jour les deux filles de Régine, en rémission depuis sept ans d’un cancer du sein triple négatif, après avoir eu un cancer de l’ovaire avancé en 2009. « Les tests génétiques que j’ai réalisés à l’Institut Bergonié ne montrent pas de muta- tion sur BRCA 1, indique Régine. Mais il existe des gènes encore non identi és. En attendant qu’on les découvre, l’équipe a décidé, au vu de l’analyse de mes tumeurs et du fait que j’ai eu un cancer du sein bilatéral, que mes lles devraient être suivies comme des personnes ayant une prédisposition familiale et héréditaire. Chaque année, elles devront passer une IRM mammaire, une échographie, une mammographie et une échographie pelvienne. » 

PEU OU PAS DE SYMPTÔMES

Des études épidémiologiques ont montré que le profil hormonal influe aussi sur le risque de développer un cancer de l’ovaire. Ainsi, un grand nombre de grossesses, l’allaitement et l’utilisation de contraceptifs oraux participent à réduire le nombre d’ovulations durant la vie et semblent diminuer le risque de cancer de l’ovaire. À l’inverse, une puberté précoce, une ménopause tardive ou la prise prolongée d’un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause pourraient en augmenter le risque. Des moyens de dépistage ont été étudiés, comme l’écho- graphie pelvienne. Mais cet examen n’est ni sensible ni spécifique. Le dosage dans le sang de marqueurs tumoraux comme la protéine CA 125 est utilisé dans la prise en charge et la surveillance du cancer de l’ovaire. Mais l’augmentation du taux sanguin de CA 125 n’est en rien spécifique du cancer de l’ovaire, puisqu’une in ammation intra-abdominale peut induire ce phénomène. De même, on peut être porteuse d’un cancer de l’ovaire avec un marqueur tumoral normal.

Particulièrement sournois, le cancer de l’ovaire se développe lentement et à bas bruit, avec peu ou pas de symptômes. Lorsque ces derniers apparaissent, ils miment une maladie banale avec des signes digestifs (douleurs abdominales, constipation), urinaires (envie fréquente d’uriner) ou gynécologiques (saigne- ment vaginal en dehors des règles). Une augmentation du volume de l’abdomen est plus inquiétante, et reflète la présence de liquide (ascite) dans le ventre. 

« C’est la fréquence et la persistance des symptômes qui doivent conduire à consulter et à faire des recherches », précise le Dr Floquet. Il pourra alors vous être prescrit une échographie pelvienne et transvaginale, souvent complétée par d’autres examens d’imagerie médicale et une prise de sang. Mais, dans trois cas sur quatre, le diagnostic est tardif. Comme pour Oli, jeune maman de 34 ans. elle s’est retrouvée aux urgences après avoir ressenti une violente douleur au côté droit en sor- tant du bureau. « Ça m’est tombé dessus d’une minute à l’autre, raconte-t-elle. Le médecin a d’abord pensé à une colique néphrétique. Mais l’échographie et le scanner ont révélé un rein un peu gon é et plusieurs masses sur les ovaires. » Le lendemain, on lui retirait une tumeur de 10 cm sur l’ovaire droit. Son cancer avait déjà atteint le stade IV. 

La chirurgie reste la clé de voûte de la prise en charge*(lire en bas de page). « Elle doit être optimale, pour ne laisser aucun résidu de la maladie, précise le Dr Floquet. À un stade précoce, elle consiste à enlever l’utérus, les deux ovaires, les ganglions lymphatiques et l’épiploon, qui correspond à une partie du péritoine. À un stade très précoce, chez les jeunes femmes désirant avoir un enfant, il est parfois possible de n’enlever que l’ovaire atteint et la trompe de Fallope attenante. » « Mais il faut vraiment se tourner vers un centre de référence, car c’est une chirurgie lourde et délicate, qui peut durer jusqu’à huit heures », insiste Pascale Jubelin, ancienne présidente d’Imagyn, en rémission depuis 2012.

"Il est important (et même crucial) pour les femmes chez qui le diagnostic de cancer de l’ovaire a été fait, d’être opérées d’emblée ou dans un deuxième temps par une équipe chirurgicale entraînée à cette intervention, avec une expérience d’au moins 20 patientes par an dans cette chirurgie spécifique, avec une réanimation de qualité et au sein d’une équipe multidisciplinaire qui participe à des études de recherche clinique (qui s’avère en fait le critère le plus discriminant et reliant la plupart des autres facteurs)", insiste le Pr Eric Pujade-Lauraine, responsable du département d’oncologie médicale de l’Hôpital de l’Hôtel Dieu à Paris. Un des grands problèmes limitants est le faible remboursement de cette intervention qui dure en moyenne 3h30 et peut atteindre 7 à 9 heures".

La chirurgie sera ensuite systématiquement associée à une chimiothérapie à base de sels de platine (carboplatine + Taxol). Cette dernière peut être réalisée avant ou après la chirurgie, en fonction de l’étendue de la maladie. En cas de maladie intra-abdominale, commencer par la chimio- thérapie permet de réduire la taille des lésions et de proposer un traitement chirurgical moins agressif, ce qui peut parfois éviter l’ablation d’un morceau d’intestin ou de péritoine. 

VERS DES TRAITEMENTS PLUS CIBLÉS  

Aujourd’hui, grâce aux avancées de la recherche, de nouveaux traitements, plus ciblés, sont proposés en complément de la chimiothérapie. Car, même si le traitement à base de sels de platine et la chirurgie sont efficaces, la maladie a tendance à récidiver. Le dé est donc d’allonger le temps de rémission sans rechute. Le cancer devient alors une maladie chronique. C’est là que les thérapies ciblées entrent en jeu : administrées en complément, elles s’attaquent aux faiblesses des tumeurs. « Comme le bevacizumab (Avastin), associé à la chimiothérapie, puis administré en entretien durant un an (une perfusion toutes les trois semaines), explique le Pr Rouzier. En moyenne, il retarde la rechute de six mois, en empêchant la tumeur de fabriquer les vaisseaux sanguins nécessaires à sa croissance. Autre thérapie ciblée en cas de rechute, l’olaparib (Lynparza), qui bloque des protéines (PARP) per- mettant aux cellules cancéreuses de réparer leur matériel génétique, et ainsi de se multiplier. » Si ce médicament diminue de 80 % le risque de rechute, il agit essentiellement sur les tumeurs qui présentent une mutation BRCA héréditaire ou acquise (environ 15 % des patientes). Cependant, 50 % des tumeurs des ovaires n’arrivent pas à réparer leur ADN, pour des raisons que les chercheurs identifieront sans doute bientôt. La recherche s’accélère : on compte plus de 60 essais cliniques prometteurs rien qu’en France. « Nous plaçons beaucoup d’espoir dans les conclusions de ces études pour faire avancer la prise en charge des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire », indique le Pr Rouzier. Notamment dans la recherche d’ADN circulant par simple prise de sang, ce qui permettrait d’adapter le traite- ment initial (chirurgie et chimiothérapie), d’évaluer le pronostic, d’anticiper les rechutes et d’identifier les résistances aux traitements (chimiothérapies et thérapies ciblées). 

Par Céline Dufranc

Illustrations Julie Bernard

 

* CHIRURGIE : 62 % des patientes opérées dans des centres non spécialisés

D’après de récentes données de l’Assurance maladie, en France, 62% des patientes seraient opérées dans des établissements réalisant moins de 20 interventions par an –pire même, 35 % dans des centres opérant même pas 10 patientes par an !-. Des chiffres dénoncés le 22 octobre par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, devant le grand jury RTL-Le Monde, qui considère que cette activité devrait être soumise à un seuil.

Interrogée sur l'opportunité de fermer certains services de chirurgie, elle a rappelé que "quand on ne fait pas beaucoup certains actes chirurgicaux, on les fait mal". En clair, comme c’est déjà le cas au Royaume-Uni, au Danemark ou en Suède, il faudrait interdire à certains services hospitaliers trop peu actifs dans ce domaine de continuer à prendre en charge des patientes. Dans notre pays, sur les 568 hôpitaux publics ou cliniques privées qui continuent à prendre en charge des femmes atteintes de cancers de l'ovaire, seuls 37 atteignent ou dépassent le volume recommandé par les experts européens. 

 Le risque,  c’est de compromettre les chances de survie des patientes

En cas de pratique insuffisante, le risque est beaucoup plus grand que le chirurgien, s'il n’est pas assez expérimenté, ne parvienne pas à retirer tous les tissus cancéreux, avec l'assurance d'une récidive rapide.  Voire, que des femmes prises en charge dans des centres trop peu spécialisés soient déclarées « inopérables », faute de l'expertise nécessaire pour réaliser ce type d'opération. L'Inca et la direction générale de l'offre de soins du ministère de la Santé planchent sur ce sujet depuis plusieurs mois, avec pour objectif d'aboutir au plus tard pour 2019. A suivre de très près.

>> Pour trouver un établissement disposant d’un service de chirurgie cancérologique gynécologique : carte interactive sur e-cancer.fr
ou ovaire-rare.org/TMRG/public/les_centres_de_reference.aspx
(centres experts régionaux et nationaux pour les cancers rares de l’ovaire)

 

 

RECHERCHE : LA CHIMIO-RÉSISTANCE DE CERTAINES TUMEURS OVARIENNES À L’ÉTUDE

La difficulté du cancer de l’ovaire est que la plupart des tumeurs deviennent résistantes à la chimiothérapie (carboplatines + Taxol) et que les patientes font alors souvent une rechute fatale. Comprendre pourquoi et comment
ces tumeurs développent une chimio-résistance, c’est ce à quoi le Dr Clara Nahmias, de l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, a entrepris de s’atteler. Avec son équipe, elle vient de lancer une étude sur les protéines produites par les cellules tumorales car son hypothèse est qu’elles bloqueraient l’efficacité du traitement.
Sur la base de cellules tumorales cultivées in vitro ainsi que de tumeurs cancéreuses de plus de cent patientes traitées à l’hôpital, les scientifiques espèrent isoler les particularités de ces protéines. Ensuite, ils pensent pourvoir identifier
les patientes porteuses de ces tumeurs insensibles à la chimiothérapie pour leur proposer de nouveaux traitements. C.G. 

 

Info +

- Pour trouver des infos et les dernières études en cours : arcagy.org/ infocancer

- Pour télécharger la brochure de la Fondation ARC : fondation-arc.org/Publications/Comprendre-et-agir/Les-brochures/?documentalias=/ publications/359-brochure-cancers-de-l-ovaire/file

- Pour mieux récupérer après l’intervention, une cure postcancer gynéco peut vous être prescrite : thermesdeluz.fr, thermes-challes.com, leguideduthermalisme.fr

 

 

Mis à jour le 30 oct. 2017

0 commentaire

À lire aussi :

L’utilisation d’un pseudonyme est fortement conseillée afin de protéger votre vie privée sur le site. La Communauté Rose est destinée à vous permettre d'apporter votre contribution aux thèmes de discussion proposés et vous êtes informé que les données qui y figurent ne peuvent être collectées ou utilisées à d'autres fins, et tout particulièrement à des fins commerciales ou de prospection. Vous pouvez demander à tout moment la suppression de vos commentaires en vous adressant à l’Association Rose. (Coordonnées ci-après). Conformément à la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 modifiée, l’Association Rose est le responsable du traitement mis en œuvre à partir de vos données à caractère personnel au titre de la gestion de votre compte et des services qui vous sont proposés sur le site. Vous avez consenti lors de la création de votre compte par le biais d’une notice d’information, à la collecte, au traitement de vos données de santé et à leur hébergement auprès de la société ATE. Vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition des informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer auprès de l’Association Rose en vous adressant à contact@rosemagazine.fr

Pour un meilleur confort de lecture, veuillez consulter le site www.rosemagazine.fr en format paysage, en pivotant votre tablette.
Bonne lecture.
Rose Magazine