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27.06.16

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"Larguée après les traitements..."

Sécheresse vaginale | Rose Magazine

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Irritations, douleurs, baisse de la libido… la sécheresse vaginale peut vite devenir un enfer ! Nos solutions.

« Avoir un cancer augmente le risque de carence œstrogénique, explique le Dr Nasrine Callet, gynéco-oncologue à l’institut Curie. Cela peut être dû aux effets secondaires des traitements – chimiothérapie, hormonothérapie (tamoxifène, anti-aromatases), ablation des ovaires ou radiothérapie sur les ovaires – ou à l’arrêt d’un traitement hormonal substitutif de type THM, contre-indiqué notamment dans les cancers hormonodépendants. Carencée en œstrogènes, qui contribuent au maintien de l’élasticité et de l’hydratation de la paroi vaginale, la muqueuse vaginale s’atrophie, s’amincit et une sécheresse vaginale(1) peut survenir. »

Conséquences ? Brûlures, irritations, douleurs lors des rapports sexuels – voire saignements –, modification de la flore bactérienne, infections urinaires… Un cortège de maux qui peuvent considérablement altérer la qualité de vie. « À tel point parfois que c’en est un motif de demande d’arrêt des traitements », constate Françoise Soffray, gynécologue et chirurgienne à l’hôpital privé Saint-Martin, à Pessac. « Parler de son bien-être vaginal à son médecin est essentiel, insiste le Dr Marie-Hélène Colson, directeur d’enseignement du DIU de sexologie à la faculté de médecine de Marseille. Or, selon une récente enquête, 4 femmes sur 10 n’en parlent jamais (2). Le sentiment de détresse ressenti peut les rendre dépressives. La plupart d’entre elles préfèrent se taire et souffrir en silence alors qu’il y a des solutions. Il est temps de dire stop au tabou ! »

Moralité : lisez ou relisez Les Monologues du vagin et prenez rendez-vous chez votre gynécologue. Selon l’intensité du syndrome, la nature de votre cancer (hormonodépendant ou non) et de vos traitements, voici les options qui peuvent vous être proposées, des plus douces aux plus « high-tech ».

Différents types de traitements sont proposés pour éviter la sécheresse vaginale

Les traitements non hormonaux

Lorsque la gêne est modérée, les gels lubrifiants sont indiqués lors du rapport sexuel, indique le Dr Brigitte Tebeka, gynécologue à Colombes. Tous sont disponibles en pharmacie et en grande surface, mais préférez les produits à base d’eau ou de silicone. Le ‘‘hic’’ : leur action est superficielle et de courte durée. En traitement de fond, mieux vaut opter pour des soins hydratants vaginaux riches en acide hyaluronique (utile au maintien d’un bon niveau d’hydratation et naturellement présent dans l’épithélium vaginal), qui lubrifient et réhydratent le vagin pendant plusieurs jours. Seule condition : les utiliser comme les crèmes de beauté, deux ou trois fois par semaine. Pour savoir celui qui vous convient le mieux, il ne faut pas hésiter à en tester plusieurs. »

« Au quotidien, après la toilette, l’huile de millepertuis bio peut également être utilisée pour ses propriétés hydratantes, antibactériennes, cicatrisantes et antalgiques, explique le Dr Bérengère Arnal*, gynécologue phytothérapeute à Bordeaux, opposée aux traitements hormonaux (3). On peut l’appliquer avec le doigt, en interne et en externe. La sensation de confort est immédiate. Cette huile est aussi efficace contre les inflammations, notamment après un rapport douloureux. »
En traitement de fond, prendre en plus deux à quatre gélules par jour d’huile de bourrache, d’onagre ou de germe de blé, par voie orale ou vaginale (dans ce cas, percer les capsules).


Les traitements hormonaux

En cas d’effet insuffisant des traitements non hormonaux, « les traitements œstrogéniques locaux, faiblement dosés, sont les plus efficaces, tant pour traiter les troubles vulvovaginaux que les signes urinaires, explique le Dr Brigitte Letombe, gynécologue au CHU de Lille. Jusqu’à présent, on ne les trouvait que sous forme d’ovules, de crème ou de comprimés vaginaux, ce qui n’était pas pratique car une fois introduits ces produits fondent et coulent. Les femmes qui les utilisent doivent donc rester allongées… »

L’arrivée en France d’Estring, seul anneau vaginal indiqué dans le traitement de la vaginite atrophique, pourrait changer la donne. Lancé en Suède en 1993 et commercialisé depuis dans quinze pays, cet anneau de 55 mm de diamètre et 9 mm d’épaisseur est facile à utiliser (on l’insère dans le tiers supérieur du vagin), ne coule pas et délivre, en continu pendant trois mois, un œstrogène synthétique chimiquement et biologiquement identique à son équivalent humain naturel.
Attention cependant : les traitements œstrogéniques locaux et l’anneau vaginal sont plutôt contre-indiqués en cas de cancer hormonodépendant et doivent faire l’objet d’une discussion avec l’oncologue.

Les traitements « High tech »

Moins connus, non hormonaux, ils commencent tout juste à faire parler d’eux en France.

- Le laser CO2 fractionné

Introduit il y a trois ans en France par le Dr Michel Mouly, le traitement de la muqueuse vulvovaginale par laser CO2 fractionné (breveté sous le nom de MonaLisa Touch) constitue une alternative micro-invasive et durable. Introduit dans le vagin jusqu’au col de l’utérus, le laser provoque une microabrasion indolore, obligeant la muqueuse à refabriquer des fibres élastiques, des fibres de collagène, de l’acide hyaluronique et des microvaisseaux sanguins, lesquels jouent un rôle dans la lubrification. En 3 séances environ (1 toutes les quatre à six semaines), la paroi vaginale retrouve son épaisseur, sa fermeté, sa souplesse, son élasticité et des sécrétions normales. Selon les premières études menées en Italie, un traitement d’entretien annuel serait nécessaire pour préserver l’effet obtenu. « Un vrai confort de vie » pour Catherine, qui vient d’effectuer sa troisième séance. Seul bémol, le coût, entre 250 et 350 euros la séance selon les praticiens, non remboursés par la Sécurité sociale. (Voir Témoignage : J'AI TESTE LE LASER FRACTIONNE)

- Les infiltrations d’acide hyaluronique

Dérivée des techniques utilisées en médecine esthétique pour combler les rides d’expression et réalisée en cabinet une heure après l’application d’un gel anesthésiant, l’injection d’acide hyaluronique dans la paroi du vagin permet de régénérer et de réhydrater la muqueuse pendant huit mois au moins. Si une seule séance suffit (coût de 400 euros environ, non remboursés), il faut renouveler le traitement tous les huit à douze mois.

- La radiofréquence thermocontrôlée

Ayant obtenu son agrément fin 2015, la radiofréquence consiste à chauffer la muqueuse à une température douce pendant une demi-heure. Cette technique, indolore, stimule la formation du collagène, augmente la vascularisation de la muqueuse, procure une meilleure hydratation et un regain de tonicité. Seule limite : son prix, de l’ordre de 800 euros par séance, non remboursé.

- la photothérapie par diodes électroluminescentes (LED)

Le principe ? Dynamiser localement les tissus, en agissant sur la respiration cellulaire. Certaines longueurs d’ondes, en particulier le rouge, favorisent la production d'énergie et les échanges cellulaires tout en régulant l’inflammation et en diminuant la douleur. Pour le  Dr Sylvain Mimoun, "combiner la photothérapie par LED et le laser en traitement externe et interne, fait partie des options possibles, particulièrement pour lutter contre la sécheresse vaginale et les vulvodynies". Il observe un effet bénéfique « dès la deuxième ou troisième séance ».

Par Céline Dufranc

(1) Aujourd’hui appelé SGUM, pour « syndrome génito-urinaire de la ménopause », ou encore atrophie vulvovaginale (AVV).
(2) Enquête miroir auprès de 100 gynécologues libéraux et 504 femmes âgées de 45 à 65 ans, réalisée par OpinionWay pour Pfizer, avril 2016.
(3) Auteure de Cancer du sein. Prévention et accompagnement par les médecines complémentaires (Eyrolles).

 

 

J'AI TESTÉ LE LASER CO2 FRACTIONNÉ

"Aujourd'hui, j'ai quitté le Croisic. Cap sur Paris !  J'ai rendez-vous avec le Docteur Mouly, gynécologue. C'est notre quatrième rencontre. Il y a quelques semaines, j'ai ressenti le besoin de le revoir pour une de ces séances de laser dont j'ai parlé l'an passé ici et là aussi. Ce que je vais raconter maintenant, en toute objectivité, je préfèrerais me le garder secret. C'est intime. En prime ici, dans ma petite ville du bout de la presqu'île, je ne suis pas une anonyme. On me croise. On me connait. On sait, sans que je sache bien, moi, qui sont ceux qui savent. Vous me suivez ? Si ça se trouve, ça vous gêne aussi, vous, peut-être, après tout ? En ce cas, passez ces quelques paragraphes et retrouvez-moi à la conclusion. Si vous êtes à la peine avec votre abricot sec cela dit, lisez ceci, car c'est pour vous que je l'écris :

Une première chose à poser d'emblée : le laser CO2 fractionné, c'est pas du superfétatoire. C'est du superfoutrement indispendable. C'est pas un truc qu'on fait juste pour la gaudriole, le plaisir fessuel du youplaboum, ou du radada, appellez-le comme vous voulez. Parce que quand l'abricot est si sec qu'il se ratatine du dedans, ben ça va mal figurez-vous. Fichtrement mal. On parle d'atrophie vaginale là. Pas d'une sécheresse superficielle qui se résoudrait en 2 coups de cuillère à pot de crème hydratante (Remballez aussi les ovules à enfourner tant que vous y êtes : de la roupie de sansonnet). Certaines souffrent tant de ces frottements, qu'aucune position peut soulager. Vous l'imaginez ça ?

Deusio :

Si l'abricot se ratatine, c'est la faute du cancer.

C'est pas du tout une espèce de vieillissement naturel que toutes les femmes vivraient gentiment le temps passant. Non, ça vous tombe dessus brutassement à cause des traitements. Faut bien le comprendre ça. Vous n'avez pas saisi encore ? Alors relisez : les traitements anti-cancer ne font pas de miracle. Ils traitent (à peu près) le cancer, ils maltraitent tout le reste. Ablation des ovaires, Tamoxifène, Létrozole, Exémestane, Faslodex... Tout ça cible le même objectif : priver le cancer des oestrogènes dont il se nourrit quand il est hormono-dépendant. Et tout ça cause les mêmes dégâts collatéraux : priver prématurément l'organisme des oestrogènes qui huilent gentiment la machine jusqu'à la vieillesse, quand la ménopause se fait en douceur. J'ai écrit déjà, quelques-unes des horreurs subies avec 20 ans d'avance sur mon âge.

Troisio :

La somme du petit 1 et du petit 2 devrait faire que la technique qui répare les dégâts du cancer soit un soin de support pris en charge, au même titre que nombre d'autres. Bah c'est pas pour tout de suite pourtant ! Fidèle à son tempo bureaucratique, l'administration de santé française coupe les cheveux en 4. Des années de recul aux Etats Unis, 4 ans de pratique chez quelques pionniers comme le Docteur Mouly, mais on veut des preuves, encore. C'est pas rapide tout ça, mais ça avance dernièrement, c'est indéniable : des tests s'organisent dans plusieurs centres pour prouver l'intérêt du procédé et permettre son intégration aux soins remboursés. Gustave Roussy a commencé au printemps cette année. L'ICO à Nantes s'y met début 2018. Mon amie Laure (Mon Réseau Cancer du Sein) m'apprend que la Pitié Salpêtrière vient de s'équiper. Autant d'opportunités de bénéficier gratuitement du traitement laser, en rejoignant les panels d'études qui se constituent.

Le laser CO2 fractionné, c'est quoi au juste ?

Une machine qui doit mesurer 1,20 mètre de haut, avec des bitoniaux pour  les réglages et un truc qui ressemble à un pistolet au bout d'un bras articulé. Non, c'est pas une pompe à essence... C'est un laser je vous dis. Il n'y a absolument rien à faire préalablement à la séance. Pas de crème anesthésiante à tartiner par exemple, en tous cas avec le Monalisa Touch de la marque Deka. On garde les sensations et c'est important, pour adapter le soin en fonction. Le gynécologue introduit le pistolet stérilisé, active le laser et recule l'appareil progressivement jusqu'à sa sortie complète. La séance dure 5 minutes à tout péter. 10 peut-être, si vous souhaitez quelques répits. C'est pas que ça fasse mal. Mais c'est pas non plus l'enchantement hein : on sent des picotements... et un fumet de poils de cochon grillé ! La zone de l'urètre est plus sensible. En tous cas chez moi. Elle impose la pause à chaque fois ; et la diminution de l'intensité du méchoui. Personne ne réagissant pareil, il faut surtout vous dire que le gynécologue est à l'écoute et ajuste le geste en temps réel, chaque fois que nécessaire. C'est donc à vous de réagir si vous estimez que ça barbecute un peu trop ! Après la séance, la sensation de chauffe dure une petite heure. Il vous faut prévoir une protection hygiénique les 2 ou 3 jours qui suivent pour absorber les pertes consécutives au laser. Quand depuis des lustres, on a le fond de culotte aussi sec qu'un puis du Sahel, c'est presque réjouissant ces réminiscences des années ovariennes ! Bref, les suites de la séance laser, c'est rien de bien méchant vous voyez.

Vooooilà. L'abrasion tout du long, oblige les tissus à se régénérer et à retrouver l'élasticité perdue. Il faut 3 séances espacées d'un mois au départ, puis une séance d'entretien tous les ans. C'est cette séance d'entretien que je viens de faire. Et je recommencerai l'an prochain.

Combien ça coute ?

C'est encore cher aujourd'hui : entre 150 et 250 euros la séance. A ces tarifs là, ça contraint la plupart d'entre nous à faire un choix. J'ai fait le mien : le laser, je le considère comme un investissement nécessaire... Quitte à renoncer à plus accessoire. Et vous voyez, je me farcis même 7 heures de train aller-retour et 2 jours à Paris pour passer au grill, c'est dire ! Bon, d'accord, hier soir j'en ai profité : je suis allée voir Depeche Mode à Bercy. Pour joindre le très agréable à l'utile. Bref. On peut  espérer un jour, la prise en charge intégrale ou partielle du laser : comme je vous le dis plus haut, des études cliniques se mettent en place. Les administrations de santé finiront bien par constater les résultats et valider la prise en charge pour les patientes des centres anti-cancer.

 Mais nous avons chacune un rôle à jouer !

Pour accélérer la cadence, vous, moi et toutes les autres, chaque patiente doit oser parler de sa souffrance à son oncologue, expliquer la solution du laser fractionné, évoquer les tests en cours et la possibilité de les intégrer. Je l'ai bien vu avec Super Mario. Depuis les premiers échanges sur le sujet il y a une paire d'années, il a recruté une gynécologue pour le centre, il me l'a fait rencontrer pour que je lui explique le laser, Monalisa, Deka, tout ça ; elle a entamé une formation auprès d'un confrère en région parisienne et l'étude va démarrer sous peu dans le centre ! Super Mario ne connaissait ni le problème, ni sa solution et c'est bien normal : ce n'est tout simplement pas son rayon. Mais le gars s'est remué pour ses patientes dès qu'il a été rencardé sur le sujet.

Par Catherine Barre Gascoin, auteure du blog Les crabes dansent au Croisic

 

 

Votre « routine » beauté pour lutter contre la sécheresse vaginale

LE BA.Ba : Utilisez un produit doux, spécifique, qui respecte l’acidité de cette zone, et bannissez la douche vaginale, qui entraîne la disparition des bactéries (lactobacilles) protégeant la flore vaginale des attaques microbiennes (faites régulièrement des cures de probiotiques). Ne dépassez pas deux toilettes intimes par jour. Sinon, vous allez perturber l’équilibre de la flore vaginale (dite flore de Döderlein), qui vous protège des agressions extérieures (mycoses, infections…). Dernier conseil : n’appliquez jamais de parfum ni de déodorant et évitez les lingettes intimes parfumées.

 

*L'ordo toute douce du Dr Arnal

1. Toilette matin et soir avec des savons spécifiques de la sécheresse des muqueuses (savon sécheresse intime de Rogé Cavaillès, savon au calendula de Weleda) avant d’appliquer un gel hydratant sur la vulve et dans le vagin (Monasens, Sensilube). Ce geste doit devenir un automatisme.

2. Ensuite, ingérer 2 à 4 capsules par jour d’huile d’onagre, de bourrache, de germe de blé (Omegaline Holistica, Œmine Bionagre). Des substances hydratantes (Replens, Femibion gel) peuvent également être introduites dans le vagin à l’aide d’une poire deux à trois fois par semaine.

3. Si nécessaire après examen bactériologique vaginal, rétablir la flore normale (Gynophilus en gélule) ou l’entretenir en lui apportant les nutriments qui lui sont nécessaires, glycogène, acide lactique (Geliofil en poires). Ce traitement local intra-vaginal peut se faire tous les soirs au début, puis, dès que l’on constate une amélioration, deux à trois soirs par semaine. Les gels hydratants peuvent aussi être utilisés comme lubrifiants au moment du rapport. Si les muqueuses vulvaires et vaginales retrouvent leur souplesse, le désir et le plaisir pourront renaître.

En un mot, laissez faire la nature et, dans la mesure du possible, ayez une activité sexuelle régulière. Cela permet l’augmentation de la vascularisation vaginale, un apport de prostaglandines et d’acides gras, tandis que la distension vaginale entretient la souplesse des tissus.

Autre coup de pouce : le yoga ! On s’étire, on se contracte et on se détend avec conscience et intention pour favoriser le plaisir et libérer les hormones !

CD

Mis à jour le 20 févr. 2018

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