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27.06.16

divine114 a commenté la discussion

"Larguée après les traitements..."

l'Eté | Rose Magazine

©Uwe Krejci/ Getty Images

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Vous devez fuir le soleil comme une nonette sous sa couette ? Veinarde ! L'été c'est l'enfer

Quand, au détour de la consultation, le cancérologue vous a annoncé que vous seriez obligée de fuir le soleil comme la peste, vous avez cru à une galéjade. Sans doute cet homme de l’art – qui à coup sûr avait planqué son caddie de golf sous son bureau – voulait-il plaisanter ! Vous, privée de bronzage, de trempettes et de mojitos ? Oui, oui. Confirmation de la Faculté… Ah, le cancer ne vous aura décidément rien épargné. Après le diagnostic, l’angoisse, la chimio, les nausées ; après le teint écrevisse et le crâne nu, il vous en veut encore. Précisément au moment où vous rêvez de soleil et de farniente pour vous requinquer. L’horreur…L’horreur, vraiment ? Le bonheur, oui ! L’occasion idéale d’échapper aux tongs, aux coups de soleil et aux bouées canard. Parce que oui, l’été dégouline de clichés. Comme Noël, inséparable de son bolduc, de sa dinde et de ses guirlandes clignotantes…

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L’été, c’est relou

L’été, dit-on, c’est la récompense. On travaille toute l’année pour pouvoir se reposer de l’année. Puis on recharge ses batteries, pour – devinez quoi ? – recommencer à s’épuiser dès le mois de septembre. L’affaire n’est-elle pas aussi absurde que de gravir les sommets enneigés de Megève en télésiège pour mieux les dévaler à ski avant de remonter le plus vite possible, puis de redescendre et de réitérer l’opération ad nauseam ? Écoutez d’ailleurs les ados, qui n’ont pas leur pareil pour dénoncer le ridicule de nos existences. Sur la plage, indifférents à la vraie vie, ils gardent leur smartphone, leurs Doc Martens et leur jean noir (forcément noir). Se rafraîchir avec vous dans la mer ? Regard extraterrestre, réponse navrée : « Non, mais si je me baigne, après je devrai retourner sur le sable. Et là, j’aurai re-chaud, donc j’irai me re-mouiller, pis hop sur le sable, re-chaud, etc. » Ah ouais, pas faux…

Moralité : adoptez la posture décalée et méprisante de l’ado moyen. Oui, l’été, c’est vraiment relou. Y renoncer, c’est échapper aux odeurs de friture du vendeur de beignets en claquettes, de même qu’au clone de Brice de Nice. Dire non à cet été, c’est refuser d’être une nouvelle fois harcelée par ce petit neveu qui vous recouvre les pieds de sable ou exige un centième château.

L’été, c’est épuisant

Mais, et les enfants, justement ? Certes, on les adore. Sauf que, l’été, on les a sans arrêt sur les bras, non ? N’importe quelle mère comprendra les bénéfices de la grève de l’été. Nulle partie de cerf volant qui tourne court (sous les hurlements frustrés) parce que vous n’avez jamais su saisir d’où venait le vent ; aucun gamin à tartiner d’écran total ou à extraire de sa Game Boy pour aller se baigner. Nul brassard à gonfler, aucun matelas pneumatique à rattraper au vol ou à scruter d’un air anxieux. Rien ! Vous allez savourer le vrai bonheur d’être allongée, dans la pénombre, avec pour tout bruit de fond le bourdonnement du ventilateur… Anne, 41 ans, qui a suivi ses cures de chimio en pleine canicule marseillaise aoûtienne, se souvient de ces après-midi « consacrés à épargner mes forces, sourire aux lèvres, en écoutant mon mari se débattre avec les deux enfants… ».

Tandis qu’ailleurs, loin, on jouera des coudes pour grimper dans un vaporetto ou se frayer une place autour de la piscine du Youpie Club à l’heure de la danse apéritive ; tandis que des familles entières s’entasseront, assiette en main, autour du buffet hypercalorique de la formule « all inclusive » (culotte de cheval itou) dans un brouhaha innommable, vous, sous votre ombrelle, vous sillonnerez des lieux quasi déserts. À vous les rétrospectives de Lubitsch ou de Jean Girault (la série des Gendarme !), à vous les grilles de mots fléchés ou le roman de l’été, emportés non sur lesable insupportablement brûlant, mais sous la tonnelle fraîche d’un petit café tranquille, devant un thé glacé…

Et vous savez quoi ? La meilleure nouvelle, c’est que vous reviendrez sans une ride supplémentaire, sans une tache brune. Parions même que l’an prochain, quand vous aurez enfin droit à votre dose de soleil, vous essuierez une petite larme en repensant à ces vacances de rêve, d’où, pour la première fois, vous serez rentrée la mine impeccable !

L’été, c’est pas sexy

Dénonçons un autre cliché : l’été serait sexy. À voir, sur les plages, le nombre de corps maculés de traces d’écran total, on en doute. Sexy, un bikini – fût-il siglé – qui dévoile les capitons ? Sexy, ce corps blafard coulé dans son une pièce Arena ? Non, vraiment, pas toujours. Et ce n’est pas sans joie que vous-même, cette année, vous échapperez à l’épreuve du maillot. Avouez d’ailleurs que les tenants de l’été glamour n’ont rien compris au charme discret du caché-montré. Une chemise à demi transparente, un paréo affriolant tombant au ras des chevilles ont tout de même un autre pouvoir suggestif qu’un malheureux string… Cet été célébrera donc pour vous le retour gagnant de l’ultraféminité des fifties. Vous expérimenterez la « Grace (Kelly) attitude » ou l’« Audrey Hepburn look », une main délicatement posée sur le revers de votre chapeau… Ça tombe bien : la capeline à bords xxl revient en force.

 

Votre été sera cool !

Avec votre boule à zéro, pourquoi ne pas pousser le curseur encore plus loin ? Osez la perruque rose manga de Scarlett Johansson dans Lost in translation, les ultramaxi-lunettes… Ou, plus intello, adoptez le style Simone de Beauvoir, turban en soie, teint ivoirin, lèvres écarlates. Et pourquoi ne pas en profiter pour essayer un nouveau look ?

Écoutez plutôt Christine, soignée pour un cancer du sein en 2011, partie aux Baléares avec ses enfants le surlendemain de sa dernière chimio : « Dans mes valises, j’avais emporté un une-pièce bleu Klein, deux grands chapeaux de paille à large bord et toute une panoplie de longues jupes baba. C’était déjà la tendance ‘‘color block’’ et j’en ai profité à fond, jusqu’au vernis à ongles bleu ou vert. Finalement, moi qui portais plutôt des deux-pièces mini et noirs, je n’ai jamais autant joué des couleurs que cet été-là. Et quand je regarde les photos, je me trouve plutôt super-glamour. À part les sourcils et les cils, j’étais top. Je ne vais pas jusqu’à dire ‘‘merci cancer’’, mais j’ai exploité cette période difficile pour me redécouvrir, inaugurer un nouveau ‘‘moi’’. Aujourd’hui, la couleur n’est pas sortie de ma vie, ni même les chapeaux. Vivre une épreuve, quelle qu’elle soit, nous oblige à redoubler de créativité… » Croyez-en Christine, c’est en période de crise que l’on tire son épingle du jeu.   

Sophie Carquain

Mis à jour le 16 mai 2017

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