Édito Le 1 octobre 2014 à 11h13

C’est une couverture courageuse. Une amazone portant le drapeau français. Une femme mastectomisée au cœur de La Liberté guidant le peuple, de Delacroix. Une malade de cancer, Sandrine, qui porte en oriflamme la foi en l’avenir, la fougue, le courage. Ce courage qui renverse les montagnes, change le cours des choses. Écrit l’histoire. Une cover combattante. Combattante, comme vous toutes, lectrices.

Nous sommes parties, il y a quatre ans, à quelques amies pour créer Rose Magazine – et vous êtes aujourd’hui, à nos côtés, des centaines de milliers. Vous, malades, mais aussi vos soignants, vos familles, vos proches.
Nous avions lancé, pour notre premier numéro, le "Manifeste des 343 cancéreuses". Nous y réclamions le droit de ne plus avoir honte de notre maladie, le droit de ne plus nous voir disqualifiées dans nos emplois, dans nos prêts bancaires, le droit de ne plus être empêchées de vivre, nous qui avons souvent lutté comme des lionnes pour la conserver, cette vie. Aujourd’hui, les signataires se comptent non par dizaines mais par dizaines de milliers.
La vague Rose a déferlé dans les hôpitaux, les kiosques : 200.000 exemplaires montrant le visage de femmes malades, belles et fortes, dignes, intenses. Vos visages. En gros plan. Foulard, duvet, crâne nu. Pas moyen de détourner les yeux. Ce qu’on cachait jadis, a été révélé. Révélation. Révolution.

Grâce au courage de chacune de ces cover-girls, grâce à votre adhésion, le regard sur les malades a changé. C’est un premier point. Mais ce n’est pas assez. Changer le regard reste important, changer le quotidien est essentiel. 
Pour ce septième numéro, l’âge de raison, dit-on, l’association Rose avance. Nous vous proposons, en décembre, un site internet rénové, rosemagazine.fr, où vous trouverez les contenus du mag, une information continue ainsi qu’une plateforme communautaire de mise en relation afin d’aller plus loin et plus précisément dans le partage d’expériences.
Un premier "Job dating" a lieu en octobre entre des malades inscrites sur notre plateforme Rosemploi et dix DRH de très grandes entreprises.

Pour avancer mieux, Rose a besoin de vous. L’hiver dernier a été marqué par l’annonce du Plan cancer 3 et une promesse présidentielle forte. Celle de réviser, dans l’année, les règles de calcul de risques des prêts bancaires pour les ex-malades de cancer. Ces règles obsolètes qui nous empêchent d’emprunter même des décennies après les traitements. Cette promesse de "droit à l’oubli bancaire", nous y croyons !
Mais le temps passe, les semaines, les mois, et nous craignons que ce projet ne se trouve noyé parmi des milliers d’autres problématiques prioritaires. Pourtant il s’agit d’un combat essentiel pour l’égalité de traitement entre citoyens. Et chaque voix compte.

C’est pourquoi nous vous demandons, malades, proches de malades, de vous engager à nos côtés et de signer sur rosemagazine.fr la pétition rappelant au président de la République sa promesse ! Seul ce courant de noms, prénoms, visages, histoires pourra infléchir le cours des choses.
Ensemble, nous pouvons gagner le droit d’avoir un avenir. Car emprunter de l’argent est autant symbolique que financier : c’est affirmer que le cancer peut être suivi d’un lendemain social. Que nous pouvons encore espérer créer une entreprise, payer des études à nos enfants, faire des projets. Vivre enfin !

Nous, malades, portons les stigmates de notre combat mais aussi une force, une résilience, une envie que peu de "bien portants" mesurent.
C’est tout le sens de notre Une ardente. Notre égérie n’a pas de sein, mais qu’importe ! Quelle fougue ! Quel espoir ! Nous ne demandons pas l’impossible, nous voulons créer un nouveau champ des possibles. Aidez-nous à le porter !

Céline Lis-Raoux

Signez ici la pétition : Monsieur le Président de la République, n'oubliez pas le droit à l'oubli !

Bêtisier enfants - Bêtisier cancer

Ah l'innocence et le franc-parler des enfants...

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